
L’énigme des stèles de
la Carthage africaine
Tanit plurielle
Léo DUBAL et Monique LARREY
Édition :
« L’ Harmattan », Paris, mai 1995L’énigme
des stèles de la Carthage africaine – Tanit plurielle offre
un itinéraire inédit dans le
labyrinthe carthaginois des symboles et des mots. Il s’adresse aussi bien aux
amateurs de procédés
graphiques high-tech, que d’ésotérisme, d’archétypes, de symbolisme, de
religions anciennes, de
géopolitique, de rationalisme, et bien sûr, d’archéologie punique.
Carthage, la « Nouvelle Ville » fût fondée en 819 avant notre ère, sur la
côte africaine du détroit de
Sicile par des navigateurs phéniciens, venus de Tyr. Ses racines sont donc
sémitiques, à coloration
patriarcale. Ouverte à la mer par vocation, Carthage entreprend, aux environs
de 460 avant notre
ère, l’annexion de l’arrière pays agricole qui lui faisait défaut. L’ancrage
de cette cité à l’Afrique et à
ses valeurs matriarcales sera parachevé par une révolution religieuse.
Celle-ci, tout en restant fidèle
au mythe fondateur d'Élyssa-Didon, porte au faîte du panthéon punique une
divinité-mère : Tanit.
À la période "ancienne", suit une époque punique
"tardive", celle de la "Carthage africaine".
Les stèles votives du lieu dit tophet de Salammbô surmontent - en
offrande à la déesse Tanit - des
urnes cinéraires contenant les restes de très jeunes enfants. Les gravures de
ces stèles comportent
une dédicace stéréotypée et une ornementation plus ou moins riche. Leur
étude sémiologique a
bénéficié de l'utilisation d’une nouvelle méthode rapide de relevé: la tactigraphie.
L'énigme, c'est le double langage des stèles:
l’antagonisme entre dédicaces (patrilinéaires) et symboles (matriarcaux) qui
ornent les stèles de Carthage
nous révèlent une forme inattendue de cohabitation ! Oscillant entre deux
paradigmes,
les Carthaginois ont-ils été incapables d’imaginer le jusqu’au-boutisme
de l’impérialisme romain ?
Ont-ils manqué de la cohérence nécessaire pour faire face ?
Est-ce un premier cas de conflit "Nord-Sud" ?
Voilà une énigme qui invite à une relecture de cette page d’histoire.
Serge
Lancel, l’éminent spécialiste de Carthage, a préfacé l’ouvrage :
« Ce petit livre est l’aboutissement d’un cheminement secret à travers
quatre générations. Le mouvement est
parti, à la fin du siècle dernier, d’un pasteur du Jura suisse qui, venu
chercher fortune en Tunisie, y trouva
Tanit, fut professeur au Collège Sadiki, puis enseigna les langues sémitiques
à l’Université de Lausanne :
Jean Spiro publia en 1895, en son pays, un mémoire lumineux sur Les
inscriptions et les stèles votives de
Carthage…la graine semée par Jean Spiro a levé cent ans plus tard
de façon inattendue. Arrière-petit fils
du savant sémitisant de Lausanne, fils de psychanalyste, physicien lui-même,
Léo Dubal projette sur les
stèles de Carthage un regard chargé de toutes les richesses d’un beau
patrimoine héréditaire…la stèle «
tactigraphiée » est rendue telle qu’en elle-même, avec les hésitations du
lapicide, avec les rugosités du
support, avec le grain même et les rides les plus ténues de son épiderme…
Vues par Léo Dubal, les stèles de
Carthage sollicitent notre imaginaire, et d’abord le sien et celui de Monique
Larrey.»
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Léo Dubal
Soulages
F-48500 La Canourgue