...Notre temps est conté
Léo DUBAL
archeometrie @
neuf.fr

Résumé:
L'Art de compter le Temps remonte à IMHOTEP, l'architecte de l'Etat égyptien.
La célébration du solstice d'hiver dans l'univers celtique a, vraisemblablement,
été conjuratoire de l'angoisse provoquée par le "déluge" pré-mégalithique,
qui insularisa l'archipel britannique, en noyant le fleuve Manche....
La légende rapporte que "Notre ère" aurait été conçue en l'an 249 de l`ère Dioclétienne....
A l'évidence, c'est seulement récemment, le 1.10.1949, qu'elle s'imposa comme "gongyuan",
c'est-à-dire comme "ère commune".
Ce petit traité de mécréance confronte des artefacts archéométriques
aux croyances et légendes sur l'origine de notre calendrier,
et expose comment, grâce à la rétrodiction des anciennes éclipses de soleil,
on peut espérer parvenir à laïciser la chronologie,
et en faire, comme son nom nous y invite, la science du temps.
1. L'adoption du Gongyuan
2. Compter les jours
3. Compter les mois & les années
4. Du calendrier julien à l'Anno Domini
5. Nouveau Soleil...au 25 décembre ?
6. Chronologie
1. L'adoption du Gongyuan
Le premier
octobre mil neuf cent quarante neuf, date,
qui dans le format [an/mois/jour] propre aux
ordinateurs
s'enregistre
comme
1949.10.01,
..... mais que les français notent
1.10.1949 ,
s'écrit
en chinois, allant du général au
particulier :
1949
année,10 mois, 1 jour, soit
1949
10
1
.
En
ce jour anniversaire, la Chine
adoptait "notre"
système de datation.
L'appellation
chinoise de ce système est
(en phonétique
pinyin: gongyuan),
en français l'ère
commune,
en anglais Common
Era, abrégé CE.
Une date
antérieure à l'an 0 de ce système s'écrira précédée du signe
- .
Les nostalgiques
perpétuant la pratique d'avant l'invention du zéro,
utilisent, en
anglais, le sigle laïc BCE, Before
Common Era.
Notons que le
français, langue pourtant riche en abréviations,
n'offre comme équivalent, qu'un "avant N.E." (avant notre ère).
C'est la saga de
notre ère commune que nous
allons conter.
2. Compter les jours...
Depuis l'ère paléolithique,
la comptabilité des cycles circadiens a laissé des traces:
les entailles trouvées sur des os, aussi bien en Dordogne
qu'aux sources du Nil,


représentent
le décompte des jours de la période de vive-eau,
lunaire, "syzygie"
ou
menstruelle.
En 1982, dans
ses Histoires du Temps, Jacques ATTALI note :
"La mesure du temps change avec l'ordre social
et le rapport au monde".
L'Homo sapiens,
prisonnier de la pensée
magique,
se rassure en
imaginant le temps comme cyclique.
Dans le
Zoroastrisme, le Monde a été créé en une année,
et chaque année qui suit est la réplique de l'année de la création.
Sans rapport de temps....
. .... pas de causalité,
pas de responsabilité individuelle,
pas de paternité biologique,
le
cerveau humain mélange passé et futur.
C'est l'ordre matrilinéaire qui
prévaut.
Aux confins du Yunnan et du
Sichuan,
dans
la société sans père, ni mari des Na
du
Lac Lugu,
les foetus préexistent, et doivent seulement être "arrosés"
par
les amants-de-la-future-maman, lors de leurs ébats amoureux.
L'ordre
matrilinéaire classique a laissé des traces même dans
les
mythes fondateurs patriarcaux des religions modernes,
tel
celui de l'Immaculée conception,
avec
la lignée Jésus, fils de Marie, fille de
Anne.
Au
temps du réformateur Jean CALVIN
(1509 à 1564),
les
paradigmes sont en pleine mutation :
le
temps devient linéaire, causal.
La responsabilité
individuelle émerge.
Par
exemple, le responsable moral
de l'éradication
dans la seule
nuit du 24.08.1572
de
plus de 20'000 protestants, hommes,
femmes et enfants,
se nomme
GREGOIRE
XIII, pape de 1572 à 1585
Insatiable, il fît frapper une médaille
célébrant ce massacre de la
Saint-Barthélemy,
qui chassa vers Genève
l'agenais Joseph-Juste SCALIGER (1540 à 1609).
C'est là que ce dernier commença
d' élaborer l'outil conceptuel,
dont la Réforme avait besoin
pour concurrencer
l'ablation calendaire de GREGOIRE XIII,
à savoir l'oubli pur et "saint" de
la période
entre le 4.10.1582 et le 15.10.1582
En 1583, alors que
Galileo GALILEI constate que le pendule
est l'outil permettant de conserver le temps,
c'est à Paris que J.-J. SCALIGER publie son
invention géniale:
une échelle de temps linéaire.
C'est l'échelle des JJ, des Jours
Juliens,
nommés ainsi en référence à l'année julienne et en l'honneur du père
de l'inventeur,
Giulio Cesare SCALIGERO (1484 à 1558) émigré à Agen, sous
le
nom de
Jules César de l'ESCALE de Bordonis, dit
SCALIGER.
Pour éviter autan que possible des
dates négatives,
le Zéro des
Jours Julien, le JJ
0,
est
choisi loin dans le passé:
1.01.- 4712 /
12:00 UT de l'Ere commune,
(UT c'est
l'heure en "temps universel").
La chronologie
venait de naître.
Notons qu'ayant échappé au massacre du 24.08.1572,
SCALIGER, par prudence, imagine de conserver un cycle:
la Période Julienne de 2'914'695 JJ, soit 7'980 années de 365,25 jours.
Cette Super-Indiction est le produit de l'Indiction de 15 ans de Constantin
par la "Grande Indiction" de 532 ans (les 28 ans du cycle solaire
après lequel "Sunday", le Dimanche se retrouve aux mêmes dates dans l'année,
et les 19 ans du cycle lunaire "de Méton" pour les phases de la Lune).
Le choix du JJ 0 n'est pas anodin:
l' Opus de emendatione temporum sera publié moins de 2 ans avant
la date du calendrier julien du 21.01.1585.... le JJ 2'300'000.
Mentionnons
un outil précieux pour calculer les JJ
http://www.imcce.fr/fr/ephemerides/astronomie/jour_julien/index.php
3. Compter les mois
& les années
Par la magie du
nominalisme et de la répétition,
la période
hebdoma-daire (de 7 jours)
devînt une séquence temporelle
mnémotechnique,
bien avant que l'on puisse mesurer
les
harmoniques
associées à la rotation de la Terre.
Sacralisée grâce aux
noms des astres observables:
Soleil, Lune, Mars, Mercure,
Jupiter, Vénus, Saturne,
elle
devînt
immuable. Elle est en effet très
pratique:
4 périodes
totalisent 28 jours,
proche du cycle de vive-eau :
Nouvelle Lune / 1er quartier /
Pleine Lune/ dernier quartier.
Le cycle de vive-eau rythme la vie sur Terre.
Les marées terrestres, marines et
atmosphériques
dépendent des conditions "locales", et
l'effet du soleil
et de la lune peuvent être quantifiés
séparemment
voir le site
earth_tides
.La période est de
29.5 jours.
La vitesse de rotation de la Terre, c'est à
dire la variation de la longueur du
jour
est, elle, ponctuée par le passage
au zénith
de l'équateur :
1) de la Lune tout les 13.66 jours, et
2) du Soleil à l'équinoxe tout les 182.62
jours.
Les 54 maxima de la
longueur du jour LOD
dus
au
passage de la Lune sur l'équateur et
les
4 maxima dus au Soleil, aux équinoxes, sont
bien
visibles
dans les mesures du LOD de la période 2005-2006.

Notons
que la durée du jour qui tend, depuis 4000 ans, à
s'allonger
de 46 ns par jour,
a atteint un excès de 2 msSI, pendant la décennie 1988-1997,
soit une durée de 86 400,0020 sSI.
Pendant
la période 1998-2008, elle a diminué
à 86 400,0007 sSI
peut-être à cause du réchauffement climatique.
13 x
4 = 52 semaines de 7
jours totalisent 364 jours,
soit une longueur à moins de 4%o de celle de l'année solaire.
Les chinois ont, eux, préférés la Jia-Zi,
une séquence temporelle mnemotechnique de
5x12= 6x10 = 60 jours.
Les anciens
égyptiens ont, quant à eux, choisi
une séquence temporelle
mnémotechnique..
à moins de 0,7 ‰ de
l'année solaire.
Cette
année calendaire de l'Egypte
ancienne avait
3 saisons de
chacune 120 jours (répartis en 4 mois de
30 jours)
+ 5 jours additionnels, soit 365 jours.
Contrairement aux affirmations de Jacques ATTALI
(op. cit.),
tout laisse à penser
qu'une fois
cette séquence adoptée,
aucune correction n'y ait
été apportée.
Mentionnons l'outil pour
convertir un JJ dans le calendrier égyptien:
Holger
ORTELIUS' calendar calculator.
Nous avons
récemment montré
voir
http://www.archaeometry.org/nefertiti.htm
qu' IMHOTEP,
le
génial architecte,
inventeur
de l'Etat centralisé,
Grand Vizir du
pharaon DJOSER,
peut raisonnablement être déclaré
responsable
de l'introduction du
calendrier en Egypte.
Afin de mener à bien la
construction de la Pyramide à degrés,
le plus grand monument jamais conçu,
qui allait nécessiter une
main-d'oeuvre considérable et organisée dans le temps...
nous avançons la thèse qu'
...IMHOTEP officialisa le
calendrier égyptien
le JJ 712 433.
Le
15.07.-2762 de l'ère commune,
soit
THOT 1, le 1er jour
du 1er mois de la saison AKHET
(inondations),
est aussi un jour à la gloire exclusive du Soleil
qui fut suivi, le lendemain, par un jour "sans Lune", ou Nouvelle
Lune, et du Solstice d'été.
Pour mieux apprécier le contexte de cette inovation d'IMHOTEP, rappelons que
Georges BONANI, Zahi HAWASS &
al. dans "Radiocarbon Dates of Old and Middle
Kingdom Monuments in Egypt", Radiocarbon, 43, 2001, p.1313
rapportent leurs radiodatations AMS
d'échantillons de paille et de roseau extraits de briques d'adobe
prélevées à 3 m au dessus du 4ème degré de la pyramide de Saqqara:
soit, après calibration, l'an -2741 +/- 74
avec un niveau de confiance de 80%, en complet accord avec la thèse
avancée ici,
(mais qui contraste avec le soit-disant intervalle historique de : -2657 +/-10).
Rappelons aussi qu'à la tropicale Eléphantine, l'île-verrou de la
Haute-Egypte,
il n'y a pas d'ombre
lorsque le Soleil atteint son zénith au Solstice d'été:
un signal fort, doublé de l'arrivée des inondations du Nil.
Après un temps de gestation de 25 siècles, sous PTOLEMEE
V,
le mythe fondateur du
calendrier...et de l'Etat égyptiens
fut gravé sur la
stèle dite de la famine, sur l'île de Sehel à côté d'Eléphantine:
"...suite à une période de sécheresse et de famine de 7 années,
DJOSER aurait rêvé que le dieu Knoum exigeait de lui qu'il fasse
reconstruire
les temples d'Elephantine
pour que le fleuve Nil donne à nouveau ses bienfaits..."
...et IMHOTEP se mit au travail.
Il existe donc bien un lien entre Saqqara, Elephantine et le calendrier.
Précisons qu'il existe une
date-repère pour le calendrier d'IMHOTEP.
Le Musée de Leyde possède
le journal de bord d'un bateau égyptien
sur du papyrus "recyclé"
(au verso d'un Hymne à Amon).
![]()
Il se lit (de
droite à gauche) :
Dans la 52ème année (du
règne du
Pharaon)
au 2ème mois de la saison
PERET, le 27ème jour (27 PERET II),
dans la cité de Pi-Ramses, a eu lieu la fête de la Nouvelle Lune.
Le nom de la cité nous indique qu'il s'agit d'un Pharaon de la lignée
des RAMSES,
mais seul RAMSES II eu la
longévité mentionnée.
En tenant compte de la date initiale du calendrier d'IMHOTEP,
ce jour de Nouvelle Lune était le JJ 1'269'234, soit
22.12.-1238
Ceci est confirmé par la date de décès de RAMSES II:
le
19 akhet I, soit le JJ 1'274'551 (13.07.-1223).
Cette date est 5'317 jours après ladite Nouvelle Lune,
et bien dans la 67ème année du
règne....
La
manière de compter les
années du règne du Seigneur en place
perdure,
par ex: le fils du ciel,
HIROHITO s'est éteint, lui en 1989, dans
la 63ème année de son règne !
Secondé de l'astronome
d'Alexandrie SOSIGENE,
l'empereur
Jules CESAR osa
abandonner le vieux calendrier romain, et
institua au JJ 1'704'986, soit le 1.01.-44,
l'année julienne de 365,25 jours
Il s'agit d'un double abandon:
celle de l'ancien calendrier romain et
celle du 1er mars comme début de
l'année.
Notons qu'en Egypte, il faudra attendre
l'empereur AUGUSTE pour imposer ce nouveau calendrier "sacrilège"
L'ère Dioclétienne débuta avec
l'avénement de
l'empereur DIOCLETIEN (284-305), et reste encore
aujourd'hui la référence calendaire copte.
La
légende rapporte qu'en l'an 241 de l'ère Dioclétienne,
le
pape JEAN I (523 à 526)
confia au moine scythe DENIS le Petit, en latin: DIONYSIUS Exiguus.
la tâche de "comput-er" la date de Pâques.
Besogneux,
le petit DENIS aurait aussi inventé l'Anno Domini,
l'année de l'Incarnation du Seigneur,
concept théologique, qui aurait été approuvé par
le pape MERCURE alias JEAN II (533-535)
en l'an 249 de l'ère Dioclétienne.....
DIONYSIUS Exiguus aurait souhaité,
nous dit-on
compter
les années, non plus à partir de DIOCLETIEN
(qu'il accusait d'avoir persécuté les chrétiens),
mais à partir de l'Incarnation du Seigneur.
L'ère
Dionysienne, notre ère, l'ère commune,
aurait ainsi débuté, non pas par l'an 1
du nouveau règne, comme l'aurait voulu l'usage,
mais, d'après cette légende, par l'an
533, par biais idéologique de son inventeur,
soit la lettre D, comme DIONYSIUS
ou DOMINUS (Seigneur en latin),
ce signe romain utilisé pour désigner
le chiffre 500, (on ne parlait pas encore de millénaire),
auquel il suffit d'ajouter trois croix XXX, et
I I I comme IESUS, pour compléter la Trinité...
et par surcroît 533, c'est la première année de la (deuxième)
"Grande Indiction" (produit des cycles solaire de 28 ans et lunaire de 19 ans).
Notons,
par ailleurs, que ce début de l'ère commune
correspondrait à l'an 753 ab urbe condita,
dans le mode de datation "à
partir de la fondation de Rome"
que Marcus Terrentius VARRON (-115 à -26) avait
forgé cinq siècles plus tôt.
Le voeu pieu supposé de DENIS Le Petit d'une reconnaissance par la
Chrétienté
de sa date de l'Incarnation du Seigneur tarda a être
exaucé....
et pour cause, le conte du temps chrétien n'était pas encore...immaculeusement conçu !
La première utilisation supposée du mode de datation basé sur
l'Anno Domini est tardive. Elle pourrait dater au
plus tôt de 731.
Ce serait
Bède le Vénérable (673 à 735),
avec ses Chroniques britanniques (perdues!!),
le responsable de l'introduction du sigle A.D.
Certains estimments que le concept d'Anno Domini et son sigle A.D.
datent de la fin du Haut Moyen-âge, conjointement à
la création des Etats pontificaux en
754...de l'ère commune, mais
les annales de l'éclipse du 5 mai 840 plaident, elles, en faveur
des années 900, avec déjà dans les coulisses le mythe millénariste.
Voici pour la légende de DENIS le Petit.
Remarquons
que l'utilisation d'un mode de datation
ne permet pas encore de parler de chronologie...
Ce
qui est
sûr:
c'est BOSSUET, en 1689,
qui utilisa le premier le vocable d'ère chrétienne,
vocable d'une longévité remarquable...
Notons encore ici
que, même en 2006,
Jacques ATTALI dans "Une brève histoire de
l'avenir"
utilise (page 57) l'expression
" 44 av. J.-C.".
Une telle allégeance inconsciente à l'idéologie dominante,
de la part d'un de nos penseurs non-chrétiens,
est symptomatique.
5. Nouveau Soleil au...25
décembre
à Newgrange,
un
corridor de 20 m de long ( click pour détails)
permet au soleil levant, au
cours de la quinzaine du solstice d'hiver,
d'illuminer les gravures sur le mur du fond. Pour
compenser l'inclinaison du terrain,
la fenêtre, de 0,9 m de
hauteur par 1 m de largeur,
est située au dessus de l'entrée.

Ce
monument révèle l'existence,depuis 5 millénaires, de marques
solsticiales.
Qu'est-ce qui a bien pu faire évoluer les proto-celtes
vers le Mégalithique ?
Jean-Pierre
MOHEN,
au 15ème Congrès UISPP, en 2006, à Lisbonne,
a suggéré que l'origine en serait la suivante:
une réaction collective à la catastrophe naturelle
qui insularisa la péninsule britannique.
Bryony COLES, dans son "Doggerland, a speculative survey",
(Proc.Prehist.Soc.1998, 64, 45-81) a évalué à
3 [mm/an] l'élévation du niveau de la mer
Ses deux cartes (ici superposées) montrent
en blanc les parties émergées il y a 7000 ans,
et, en bleu, les parties encore émergées
3 millénaires plus tôt.

Il aura donc suffit à peine
de plus de 3 millénaires
pour que les flots submergent l'isthme flandrien,
y creuse un chenal marin
et crée l'archipel britannique..
Les proto-celtes semblent alors s'être préoccupés
de trouver, dans le chaos de la Nature,
un élément fiable auquel ils pouvaient encore avoir confiance:
le retour du Nouveau
Soleil,
célébré avec une architecture nouvelle.
Bien que le monument mégalithique de Newgrange
permette, en principe, de déterminer la date exacte du solstice
d'hiver,
force est de constater, qu'en absence d'écriture,
aucun calendrier ne put être élaboré.
A noter que le traumatisme du déluge semble continuer d'affecter....
certains élus des îles britanniques.
Par exemple, sur la Vectis
Insula romaine
(l'île deWight),
pour sauver la mythique Military Road des eaux
les autorités ont dépensé récemment
des fortunes pour consolider la falaise entre Freshwater Bay et Brook,
au lieu de déplacer la route
plus à l'intérieur des terres....

Google Earth illustre bien l'irrationnel de la situation !
Il est intéressant de rappeler ici, qu'en
Egypte, un millénaire après Newgrange,
c'est l'inondation solsticiale qui fixe le début du calendrier
...et de la construction, à Sakkarah, de la
première
pyramide.
Quelles que fussent les dérives calendaires,
c'est aux dates-vestiges des deux solstices
que se célèbrent les fêtes majeures des calendriers.
La
date
reste, même si son sens original est oublié.
Il en est
de même pour l'orientation, même
si son sens original est perdu.

La photo a été prise le 24.06.1999, au
coucher,
car des bâtiments masquent le lever au solstice d'hiver.
Par exemple, la cathédrale de Zürich
est alignée sur la
Basilique-référence du XIIème
siècle,
celle de
Galgano, près de Sienna, qui est, elle, alignée
sur le lever (l'hiver, ou sur le coucher l'été) du soleil solsticial.
La basilique carolingienne qui lui sert de fondation
est, elle, le témoignage-vestige d'un temple celte,
aligné sur une autre référence : Stonehenge.
La
nuit du 11 au 12 décembre 1602 du calendrier julien,
la nuit la plus noire de décembre,
celle du solstice d'hiver,
est la date que les troupes catholiques choisirent
pour leur tentative de "reprendre" Genève.
La chanson populaire "Cé qu'è lainô"
remémore l'évènement:
I son vegnu le doze de dessanbro,
Pè onna nai asse naire que d'ancro;
Y étivé l'an mil si san et
dou,
Qu'i veniron parla ou pou troi tou.
La
date de l'Escalade,
la célébration de
l'héroïque résistance de la Cité de Calvin,
est resté fixée au
12 décembre...
On aurait pu imaginer
J.J. SCALIGER convaincre
Théodore de Bèze,
le successeur de Jean CALVIN,
d'avaliser le 12 décembre comme date de Noël,
mais ce ne fut pas le cas....
Notons encore qu'en 2009, c'est le 8 Décembre du calendrier julien
qu'il faudrait célébrer le Nouveau Soleil.
Selon
PLINE, dans son Histoire Naturelle XVIII, c'est en -45,
que l'empereur Jules CESAR fixa les équinoxes et les solstices le
8 avant les calendes
d'avril, de juin, d'octobre et de janvier ,
soit aux 25 mars, 24 juin, 24 septembre et 25 décembre.
(à cette époque le solstice d'hiver avait lieu le 23 décembre).
L’instauration de la fête du Natalis Solis Invicti
fut établie, elle, le 25.12.274 par
l’empereur AURELIEN (270 à 275),
après sa victoire sur ZENOBIE, la reine du Palmyre.

AURELIEN et son dieu soleil RESTITVTOR ORIENTIS
Tradition
oblige,
cette date du 25 décembre fût conservée.
D'ailleurs,
elle ne tarda pas à être récupérée par les chrétiens
en quête de légitimation du mythe de la naissance de leur Seigneur.
L'empereur
CONSTANTIN (307 à 337), CHRISTOS (oint), fils du Soleil,
inventeur visionnaire du Christianisme comme Religion d'état,
( voir http://archeometrie.perso.neuf.fr/constantin.pdf)
fit célébrer son anniversaire le
25.12.335
Peu
après,
selon la Depositio Martyrum
Romae,
"Natus ( est ) CHRISTUS",
le NEOS HELIOS, le
Nouveau Soleil, Noël,
prend le qualificatif de CONSTANTIN : CHRISTOS.
Le rite institué par AURELIEN
est ainsi définitivement "christianisé
".
Selon la tradition orthodoxe, le
chrisme (CHI-RHO) apparaît en 315,
au sommet du casque de l'empereur...mais.

315 Pavie (Ticinum) /
317
Thessalonique
/
333 Constantinople
la posture "de 3/4" de CONSTANTIN trahit,vraisemblablmement, une
contrefaçon
tardive.
Notons que le sigle païen CHI-RHO, entre les pattes de
l'aigle impérial, est
utilisé dès -240, par PTOLEMEE III 
ne réapparaîtra pas avant 336, voire plus tard.
Probablement faut-il attribuer à MAGNENCE, la frappe à Lyon,
en
353, pour contrer l'influence arianiste de
CONSTANCE,
de la première monnaie orthodoxe portant le chrisme.
CONSTANTIN-CHRISTOS aurait pu profiter de
l'opportunité
du Concile de Nicée, qu'il avait convoqué,
pour
dissocier la fête du Natalis Solis
Invicti de
l'évènement astral
et faire
avaliser la date du 21 décembre pour le solstice d'hiver
Avérée,
cette correction calendaire aurait été remarquable...
mais un sérieux doute provient du fait que c'est
la Bulle papale de 1581 "Inter gravissimas"
de GREGOIRE XIII, qui
clame:
"Quo
igitur vernum æquinoctium, quod a patribus concilii Nicæni
ad XII Kalendas Aprilis fuit constitutum, ad eamdem sedem restituatur"
Afin donc que l'équinoxe vernal, qui a été fixé par les pères
du Concile de Nicée
au 12 avant les calendes d'avril,
soit replacé à cette date, ..
et naturellement, à part le verbatim du Concile de Nicée" (en grec),
lu au concile d'Ephèse en 431,
aucun document original ne nous est parvenu pour corroborer la Bulle papale
...mais une telle Bulle gravisssime ne peut être qu'infaillible....
6. Chronologie
Le premier à se
servir de l'échelle de temps linéaire
permettant
d'ordonner de manière causale
les évènements
"historiques", fut son inventeur,
J.J. SCALIGER.
Devant l'ampleur de la tâche,
il n'eut pas d'autre choix
que de mettre à profit la
vaste culture rabelaisienne
que son père lui avait
inculquée dans son adolescence.
Ce qui, bien sûr, n'est pas
une garantie d'authenticité.
Puis intervint un obscur
représentant du camp anti-réforme,
le jésuite Dionysius PETAU
(1583 à 1652)
(le modèle pour le clônage de
Dionysius Exiguus ?)
Avec l'aide
compétente de Johannes KEPLER (1571 à 1630),
lui et ses successeurs
truffèrent d'éclipses les Annales en route vers l'imprimerie.
En effet, quelle meilleure
preuve scientifique d'authenticité,
qu'un décès ou une victoire
concomittante à une éclipse de soleil ?
Le
premier à émettre des doutes sur cette chronologie balbutiante
fut Sir Isaac NEWTON, en 1728, dans
"The Chronology of Ancient Kingdoms Amended".
Le dernier en date, Zoltan HUNNIVARI,
dans son e-book "Hungarian Calendar",
suspecte de nombreuses annales
d'être apocryphes.
Il se fait l'avocat d'une erreur de 2 siècles qui
ramène
la mort de Jules César à +154.
Où en sommes-nous
?
Les éclipses de soleil
décrites dans les Annales restent
la meilleure preuve de l'ordre
chronologique,
à condition que l'authenticité
des Annales puisse être démontrée !!
Cette condition n'est que
rarement satisfaite.
Vu la fréquence des incendies,
la plupart des Annales
antérieures à l'imprimerie
ont été détruites, et seules
des copies tardives existent.
Très pessimistes, nous
considérons que la tentation d'élaborer
des versions "améliorées",
voire carrément apocryphes
des textes anciens a dû être
irrésistible....
Le Codices Electronici
Sangallenses 915
livre cependant une
exception qui mérite l'attention.

Il
s'agit, à notre avis, du plus ancien évènement,
daté en termes de
l'ère commune,
mentionnant d'une part un
décès, celui d'un empereur, Louis,
et d'autre part une éclipse de
soleil, celle du 5.05.840.
Il s'agit de l'éclipse SAROS
90/55 qui fut totale à Saint-Gall ( E9.37 /N47.42).
.
L'année est donnée
explicitement: ω.xl,
où l'abréviation ω est utilisée
pour 800.
Le jour de Mai est indiqué
comme le 3ème avant les
Nones,
qui, d'après http://www.louisg.net/C_julien.htm
est le 5
Mai.
L'heure indiquée est entre la
8ème et la 9ème heure (du jour).
Pour St Gall, le lever du
soleil le 5.05.840 était à 03:17 UT.
Il faut y ajouter entre 8 et 9
heures, par ex: 8h30, ce qui donne 12:47 UT
L'heure rétrodite de
l'éclipse, voir http://archeometrie.perso.neuf.fr/titanic.pdf
est, elle: 12:37 UT....
La date du décès de
l'empereur
Louis I, dit le Pieux ou le
Débonnaire, né le 16.04.778,
est généralement donnée comme le
20.06.840,
mais, rien ne certifie qu'il s'agisse bien de ce Louis
là...d'où
l'intérêt des éclipses solaires.
En outre, le facsimile révèle
que la calligraphie
couvrant la période comprise
entre 775 et 900 (pages de 200 à 206)
reste sensiblement la même,
puis change.
Par ailleurs,
il y a interversion
entre la venue de l'éclipse et le décès de l'empereur,
ce qui conduit à
supposer que le scribe n'a pas vu l'éclipse !
Peut-être n'était-il pas né ?
La précision de l'heure de
l'éclipse indiquerait cependant
qu'un témoin oculaire a laissé
une note
écrite.
Mentionnons que cette Annale
est corroborée
par la Chronique d'ANDRE de Bergame
(Andreas Presbyter Bergomas,
saec. IX, Historia 620, 255
dont le fac-simile est,
depuis juin 2009, également disponible sur le web
http://www.e-codices.unifr.ch/fr/vad/0317/82r/medium
Indictione
tertia sic fuit
sol obscuratus in hoc mundo, et stellas in celo
parebant,
3. Nonas
Magias, ora nona, in laetanias Domini, quasi
media ora. Facta
est tribulatio magna. Cumque hoc
populus intenderent, multi extimabant, quod iam
amplius hoc seculum non
staret; sed dum haec angustia con-
templarent, refulsit sol et quasi tremidus in antea
umbraculam fugire cepit. Ipsa vero nocte sequenti
prope matutino facta est lux quasi in die. Haec
signa in celo
conperta, doctores in suorum monitiones
dixerunt: Estote,
fratres, parati; quia adimpletum est quod in evangelio
Dominus dixit:
cum haec signa
videritis, scitote, quia prope est die Domini
magnus et manifestus. Sequenti autem
mense Iunio Hludo-
wicus imperator defunctus est, suosque
dies finivit in pa-
ce.
Cette Chronique, qui se trouve,
elle, à la Bibliothèque cantonale de St Gall,
utilise le mode de datation de
CONSTANTIN.
Celui-ci, après sa victoire
sur MAXENTIUS, le 28.10.312,
institua une période
mnémotechnique de 15 années juliennes.
Il s'agit d'une période
fiscale ecclésiastique
connue sous le vocable
d'indiction.
Ces périodes serviront de
système de datation
La date du 5.05.840 sera
notée:
3ème jour avant les nones de
mai de la 3ème année de l'indiction
(sous entendu, de sa 35ème
période).
Cet ancien mode de notation de
la date plaide en faveur
d'une rédaction quasi-contemporaine aux évènements.
Par
ailleurs, In laetinias Domini se réfère aux
lundi, mardi et
mercredi des Rogations, précédant l'Ascension,
or le 5.05.840 était un
mercredi.
L'ordre chronologique, éclipse
suivie du décès de l'empereur, est
respecté.
Le détail des étoiles qui
deviennent visibles lors de la totalité de l'éclipse
conforte l'hypothèse du
rapport d'un témoin oculaire.
Francesco LO-MONACO de l'université de Bergame estime
qu'il s'agit d'une copie,
effectuée vers 870, contemporaine de la Chronique d'ANDRE de Bergame .
Une datation du radiocarbone
de ces deux parchemins confirmerait leur authenticité.
Ils pourraient alors être
considérés comme
les pierres de Rosette de la
chronologie,
permettant sans ambiguïté, la
conversion du mode
de datation ancien de
l'indiction, au mode de l'ère commune.
Le travail de
décantage des anciennes Annales
qui reste à faire est considérable.
Depuis 1973, Anatoly
Timofeevich FOMENKO et ses collaborateurs
ont identifié des dizaines
de dynasties polychrones
voir History: Fiction or Science ? (Delamere 2003).
Considèrons par exemple la
séquence des papes
entre le Concile de Nicée et
la soit-disante date de l'invention de l'Anno Domini.
La séquence, pour la période
d'avant Nicée,
est, elle, manifestement un
clone de la première !
Le procédé utilisé,
qu’Anatoly FOMENKO a mis au
grand
jour, est le suivant:
lister
la durée des règnes, puis « copier/coller »
Les noms peuvent être différents, certains de
pure fiction,
d'autres, de personnages légendaires,
pour d'autres, seul
le numéro d'ordre est altéré (p.ex. Félix I / Félix
II).
L’exercice est à la portée
de chacun,
consulter une liste des papes sur le web, par ex.:
http://www.echolalie.org/wiki/index.php?ListeDePapes
La copie de la séquence des durées des règnes de
l'antiquité tardive,
entre 314 et 532, est collée avant 314,

http://www.new-tradition.org/images/fig-4.jpg
et voilà l'épiscopat
romain
qui peut prétendre à une haute antiquité.......et faire oublier
que
l'institution est l'oeuvre d'un certain empereur CONSTANTIN
!
La date et l'auteur de ce clonage sont incertains.
Est-ce le
chronologiste DIONYSIUS Petau (1583 à 1652) ?
Ou son fantôme, DIONYSUS
Exiguus ?
Ou l'ombre de ce dernier, l'instigateur du premier scriptorum en
555,
Magnus-Aurelius CASSIODORIUS ?
dernière révision: 2009.11.19