...Notre temps est
conté
Léo DUBAL
archeometrie @
neuf.fr
(copier l'adresse sans espace)

Résumé:
L'Art de compter le Temps
remonte à IMHOTEP, l'architecte de l'Etat égyptien.
La célébration du solstice d'hiver dans l'univers
celtique a, vraisemblablement,
été conjuratoire de l'angoisse
provoquée par le "déluge" pré-mégalithique,
qui insularisa
l'archipel britannique, en noyant le fleuve Manche....
La
légende rapporte que "Notre ère" aurait été conçue en l'an 249 de
l`ère Dioclétienne....
A l'évidence, c'est seulement récemment, le
1.10.1949, qu'elle s'imposa comme
"gongyuan",
c'est-à-dire comme "ère commune".
Ce petit
traité de mécréance confronte des artefacts archéométriques
aux
croyances et légendes sur l'origine de notre
calendrier,
et expose comment, grâce à la rétrodiction
des anciennes éclipses de soleil,
on peut espérer parvenir à
laïciser la chronologie,
et en faire, comme son nom nous y invite,
la science du
temps.
Table des matières:
1. L'adoption du Gongyuan
2. Compter les jours
3. Compter les mois & les années
4. Du calendrier julien à l'Anno Domini
5. Nouveau Soleil...au 25 décembre ?
6. Chronologie
1. L'adoption du
Gongyuan
Le premier
octobre mil neuf cent quarante neuf, date,
qui dans le format [an/mois/jour] propre aux ordinateurs
s'enregistre comme 1949.10.01,
..... mais que les
français notent 1.10.1949 ,
s'écrit en chinois,
allant du général au particulier
:
1949
année,10 mois, 1 jour, soit
1949
10
1
.
En ce jour
anniversaire, la Chine adoptait "notre" système de
datation.
L'appellation chinoise de ce système est
(en phonétique pinyin: gongyuan),
en
français l'ère commune,
en anglais Common Era, abrégé
CE.
Une date antérieure à l'an 0 de ce système
s'écrira précédée du signe - .
Les nostalgiques perpétuant la
pratique d'avant l'invention du zéro,
utilisent, en anglais, le sigle laïc
BCE, Before Common Era.
Notons que le français, langue
pourtant riche en abréviations,
n'offre aucun équivalent....
C'est la saga
de notre ère commune que nous allons
conter
Compter les
jours...
Depuis l'ère paléolithique, la
comptabilité des cycles circadiens a laissé des traces:
les entailles
trouvées sur des os, aussi bien en Dordogne qu'aux sources du Nil,


représentent le décompte des
jours de la période de vive-eau,
lunaire, "syzygie" ou menstruelle.
En 1982, dans ses
Histoires du Temps, Jacques ATTALI note :
"La mesure du temps
change avec l'ordre social
et le rapport au monde".
L'Homo sapiens,
prisonnier de la pensée
magique,
se rassure en imaginant le temps comme
cyclique.
Dans le Zoroastrisme, le Monde a été
créé en une année,
et chaque année qui suit est la réplique de l'année de
la création.
Sans rapport de temps....
..... pas de causalité,
pas de responsabilité individuelle,
pas de paternité biologique,
le
cerveau humain mélange passé et futur.
C'est l'ordre matrilinéaire qui
prévaut.
Aux confins du Yunnan et du
Sichuan,
dans la société sans père, ni
mari des Na,
les foetus préexistent, et doivent être "arrosés"
par les
amants-de-la-future-maman, lors de leurs ébats amoureux.
L'ordre
matrilinéaire classique a laissé des traces même dans
les mythes fondateurs
patriarcaux des religions modernes,
tel celui de l'Immaculée
conception,
avec la lignée Jésus, fils de Marie, fille de
Anne.
Au temps du réformateur
Jean CALVIN (1509 à 1564),
les paradigmes sont en pleine mutation
:
le temps devient linéaire, causal.
La responsabilité individuelle émerge.
Par
exemple, le responsable moral
de l'éradication
dans la seule nuit du 24.08.1572
de plus de 20'000
protestants, hommes, femmes et enfants,
se nomme
GREGOIRE XIII, pape de 1572 à 1585.
Insatiable, il fît frapper une médaille
célébrant ce massacre de la Saint-Barthélemy,
qui chassa vers
Genève
l'agenais Joseph-Juste SCALIGER (1540 à 1609).
C'est là que
ce dernier élabora l'outil conceptuel,
dont la Réforme avait
besoin
pour concurrencer
l'ablation calendaire de GREGOIRE XIII,
à savoir l'oubli pur et
"saint" de la période
entre le 4.10.1582 et le 15.10.1582
En
1583, alors que
Galileo GALILEI constate que le pendule
est l'outil
permettant de conserver le temps,
c'est à Paris que J.-J. SCALIGER publie son
invention géniale:
une échelle de temps linéaire.
C'est l'échelle
des JJ, des Jours Juliens,
nommés ainsi en l'honneur du père de
l'inventeur,
Giulio Cesare
SCALIGERO (1484 à 1558)
émigré à Agen,
sous
le nom de Jules César de l'ESCALE de Bordonis, dit SCALIGER.
Pour éviter les dates négatives,
le Zéro des Jours Julien,
le JJ 0,
est choisi loin dans le passé:
1.01.-
4712 / 12:00 UT de l'Ere commune,
(UT c'est l'heure en "temps
universel").
La chronologie venait de
naître.
3. Compter les mois & les années
Par la magie du nominalisme et de la répétition,
la période
hebdoma-daire (de 7 jours) devînt
une séquence temporelle mnémotechnique, bien avant que l'on puisse mesurer
les harmoniques associées à la rotation de la Terre.
Sacralisée grâce
aux noms des astres observables:
Soleil, Lune, Mars,
Mercure, Jupiter, Vénus, Saturne,
elle devînt
immuable. Elle est en effet très
pratique:
4 périodes
totalisent 28 jours,
proche du cycle de
vive-eau :
Nouvelle Lune / 1er quartier / Pleine Lune/
dernier quartier.
Le cycle de vive-eau rythme la vie sur Terre.
Les marées terrestres, marines et atmosphériques
dépendent des conditions "locales", et l'effet du soleil
et de la lune peuvent être quantifiés séparemment
voir le site
earth_tides
.La période est de
29.5 jours.
La vitesse de rotation de la Terre, c'est à dire la variation de la longueur du
jour
est, elle, ponctuée par le passage au zénith de l'équateur,
1) de la Lune tout les 13.66 jours, et
2) du Soleil à l'équinoxe tout les 182.62 jours.
Les 54 maxima de la
longueur du jour LOD
dus au
passage de la Lune sur l'équateur et
les 4 maxima dus au Soleil, aux équinoxes,
pour la périodes 2005-2006 sont bien
visibles.
Notons
que la durée du jour qui tend, depuis 4000 ans, jour après jour à s'allonger
de 46 ns,
et qui pour la décennie 1988-1997 a atteint 86 400,0020 sSI,
a diminué, peut-être à cause du réchauffement climatique,
à 86 400,0007 sSI pour la période 1998-2008.
Par ailleurs, 52 semaines (ou 13 x 4) totalisent
364 jours,
soit une longueur à moins de 4 ‰
de celle de l'année
solaire.
Les chinois ont, eux, préféré la Jia-Zi,
une
séquence temporelle
mnémotechnique de
60 jours.
Les anciens égyptiens ont, quant à eux,
choisi
une séquence temporelle mnémotechnique..
à
moins de 0,7 ‰ de l'année
solaire.
Cette année calendaire de l'Egypte
ancienne
avait
3 saisons de
chacune
120 jours
(répartis en 4 mois de 30 jours)
+ 5 jours additionnels, soit 365 jours.
Contrairement aux affirmations de Jacques ATTALI
(op. cit.),
tout laisse à penser qu'une
fois cette séquence adoptée,
aucune correction n'y ait été apportée.
Nous avons récemment
montré http://www.archaeometry.org/nefertiti.htm
qu'
IMHOTEP,
le
génial architecte, inventeur de l'Etat
centralisé,
Grand Vizir du pharaon DJOSER,
peut raisonnablement être
déclaré responsable
de l'introduction de ce calendrier.
Afin de mener à
bien la construction du plus grand monument jamais conçu,
qui allait
nécessiter une main-d'oeuvre considérable et organisée dans le
temps...
...IMHOTEP officialisa le calendrier égyptien
le JJ 712 433.
Le
15.07.-2762 de l'ère
commune,
soit THOT
1, le 1er jour
du premier mois de la saison AKHET
(inondations),
est aussi un jour à la gloire exclusive du Soleil
(qui fut suivi, le lendemain, par un jour "sans Lune", ou Nouvelle
Lune, et du Solstice d'été.
Rappelons qu'à la tropicale Eléphantine, l'île-verrou de la
Haute-Egypte,
il n'y a pas d'ombre
lorsque le Soleil atteint son
zénith au Solstice d'été:
un signal fort, doublé de l'arrivée des inondations
du Nil.
Mentionnons deux outils incontournables:
1) pour
calculer les JJ
http://www.imcce.fr/fr/ephemerides/astronomie/jour_julien/index.php
2)pour convertir un JJ dans le
calendrier égyptien:
Holger
ORTELIUS' calendar
calculator.
Précisons qu'il existe
une date-repère pour le calendrier d'IMHOTEP.
Le Musée de Leyde possède le
journal de bord d'un bateau égyptien
sur du papyrus "recyclé" (au verso d'un
Hymne à Amon).

Il
se lit (de droite à gauche) :
Dans la
52ème
année (du règne du
Pharaon)
au 2ème mois de la
saison PERET, le 27ème jour (27 PERET II),
dans la cité de Pi-Ramses,
a eu lieu la fête de la Nouvelle Lune.
Le nom de la cité nous indique qu'il
s'agit d'un Pharaon de la lignée des RAMSES,
mais seul RAMSES II eu la
longévité mentionnée.
En tenant compte de la date initiale du calendrier
d'IMHOTEP,
ce jour de Nouvelle Lune était le JJ 1'269'234,
soit 22.12.-1238
Ceci est confirmé par la date de décès de RAMSES II:
le
19 akhet I, soit le JJ
1'274'551 (13.07.-1223).
Cette date
est 5'317 jours après ladite Nouvelle Lune,
et bien dans la
67ème année du
règne....
L'intuition de Jacques ATTALI n'est donc
pas infaillible !
Ce calendrier
mnémotechnique est resté sans corrections....
La manière de compter les
années du règne du Seigneur en place
perdure:le fils du ciel, HIROHITO s'est
éteint, lui, dans
la 63ème
année de son règne !
Divers
calendriers sont décrits sur le
site de Louis
GOGUILLON
4. Du Calendrier
Julien à l'Anno Domini
Secondé de l'astronome d'Alexandrie
SOSIGENE,
l'empereur Jules César
osa
abandonner le vieux calendrier romain, et
institua au JJ 1'704'986, soit
le 1.01.-44,
l'année julienne de 365,25 jours
Il s'agit d'un
double abandon:
celle de l'ancien calendrier romain et
celle du
1er mars comme début de l'année.
Notons qu'en Egypte, il faudra
attendre
l'empereur AUGUSTE pour imposer ce nouveau calendrier
"sacrilège"
L'ère Dioclétienne
débuta avec l'avénement de
l'empereur DIOCLETIEN
(284-305).
La légende rapporte qu'en l'an 241 de l'ère
Dioclétienne,
le pape
JEAN I (523 à 526)
confia au moine scythe DENIS le Petit, en latin: DIONYSIUS
Exiguus.
la tâche de "comput-er" la date de Pâques.
Besogneux, le petit Denis aurait aussi inventé
l'Anno Domini,
l'année de l'Incarnation du Seigneur,
concept théologique,
qui aurait été approuvé par
le pape MERCURE alias JEAN II
(533-535)
en l'an 249
de l'ère Dioclétienne.....
DIONYSIUS
Exiguus
aurait souhaité, nous dit-on,
compter les années, non plus à
partir de DIOCLETIEN
(qu'il accusait d'avoir persécuté les
chrétiens),
mais à partir de l'Incarnation du Seigneur.
L'ère Dionysienne, notre ère, l'ère commune,
aurait
ainsi débuté, non pas par l'an 1
du nouveau règne, comme
l'aurait voulu l'usage,
mais, d'après cette légende, par l'an
533, par
biais idéologique de son inventeur,
soit la lettre D, comme DIONYSIUS
ou DOMINUS (Seigneur en latin),
ce signe romain utilisé
pour désigner
le chiffre 500, (on ne parlait pas encore de
millénaire),
auquel il suffit d'ajouter trois croix XXX, et
I I I
comme IESUS, pour compléter la Trinité...
Notons, par ailleurs, que ce début de l'ère
commune
correspondrait à l'an 753 ab urbe condita,
dans le mode de
datation "à partir de la
fondation de Rome"
que Marcus Terrentius VARRON (-115 à -26)
avait forgé cinq siècles plus tôt.
Le voeu pieu supposé de DENIS Le Petit d'une
reconnaissance par la Chrétienté
de sa date de l'Incarnation du
Seigneur tarda a être exaucé....
et pour cause, le conte du temps chrétien n'était pas encore...immaculeusement
concu !
La première utilisation supposée du mode de
datation basé sur
l'Anno Domini est tardive. Elle pourrait dater
au plus tôt de 731.
Ce serait
Bède le Vénérable (673 à 735),
avec ses Chroniques britanniques
(perdues!!),
le responsable de l'introduction du sigle A.D.
Certains estimments que le concept d'Anno Domini et son sigle A.D.
datent de la
fin du Haut Moyen-âge, conjointement à
la création des Etats pontificaux
en 754...de l'ère commune, mais
les annales de l'éclipse du 5 mai 840 plaident, elles, en faveur
des années 900, avec déjà dans les coulisses le mythe millénariste.
Voici
pour la légende de DENIS le Petit.
Remarquons que l'utilisation d'un
mode de datation
ne permet pas encore de parler de chronologie...
Ce qui est
sûr:
c'est BOSSUET, en 1689,
qui utilisa le premier le vocable
d'ère chrétienne,
vocable d'une longévité remarquable...
Notons encore ici
que, même en 2006,
Jacques
ATTALI dans "Une brève histoire de l'avenir"
utilise (page 57)
l'expression
" 44 av. J.-C.".
Une telle allégeance inconsciente à
l'idéologie dominante,
de la part d'un de nos penseurs non-chrétiens,
est symptomatique.
5. Nouveau Soleil au...25
décembre
à
Newgrange,
un corridor de 20 m de
long ( click pour détails)
permet au soleil levant, au cours de la quinzaine du solstice d'hiver,
d'illuminer les gravures sur le mur du
fond. Pour compenser l'inclinaison du
terrain,
la fenêtre, de 0,9 m de hauteur par 1 m de largeur,
est
située au dessus de l'entrée.
Ce monument révèle l'existence,depuis 5 millénaires, de marques
solsticiales.
Qu'est-ce qui a bien
pu faire évoluer les proto-celtes
vers le Mégalithique ?
Jean-Pierre MOHEN,
au 15ème Congrès UISPP, en 2006, à Lisbonne,
a suggéré que l'origine en serait la suivante:
une réaction collective à la catastrophe naturelle
qui insularisa la péninsule britannique.
Bryony COLES, dans son "Doggerland, a speculative survey",
(Proc.Prehist.Soc.1998, 64, 45-81) a évalué à
3 [mm/an] l'élévation du niveau de la mer
Ses deux cartes (ici superposées) montrent
en blanc
les parties émergées il y a 7000 ans,
et, en bleu, les parties encore émergées
3 millénaires plus tôt.

Il aura donc suffit à
peine de plus de 3 millénaires
pour que les flots submergent
l'isthme flandrien,
y
creuse un chenal marin
et crée l'archipel britannique..
Les proto-celtes
semblent alors s'être préoccupés
de trouver, dans le chaos de la
Nature,
un élément fiable auquel ils pouvaient encore avoir confiance:
le retour du Nouveau
Soleil,
célébré avec une architecture nouvelle.
Bien que le monument mégalithique de Newgrange
permette, en principe, de déterminer la date exacte du solstice d'hiver,
force est de constater, qu'en absence d'écriture,
aucun calendrier ne put être élaboré.
A noter que le traumatisme du déluge semble continuer d'affecter....
....certains élus des îles britanniques.
Par exemple, sur la Vectis Insula romaine (l'île deWight),
pour sauver la Military Road des eaux
les autorités ont dépensé,
l'an dernier,
des fortunes pour consolider la falaise entre Freshwater Bay
et Brook,
au lieu de déplacer la route plus à
l'intérieur des terres....

Google
Earth illustre bien l'irrationnel de la situation
!
Il est intéressant de rappeler ici, qu'en Egypte,un millénaire
après Newgrange,
c'est l'inondation solsticiale qui fixe le début du
calendrier
...et de la construction, à Sakkarah, de la première
pyramide.
Quelles que fussent les dérives calendaires,
c'est
aux dates-vestiges des deux solstices
que se célèbrent les fêtes majeures des
calendriers.
La date reste, même si son sens original est perdu.
Il en est de
même pour l'orientation.

La photo a
été prise le 24.06.1999, au coucher,
car des bâtiments masquent le lever au
solstice d'hiver.
Par exemple, la cathédrale de Zürich
est alignée
sur la Basilique-référence du XIIème siècle,
celle de
Galgano, près
de Sienna, qui est, elle, alignée
sur le lever (l'hiver, ou coucher l'été)
du soleil solsticial.
La basilique carolingienne qui lui sert de
fondation
est, elle, le témoignage-vestige d'un temple celte,
aligné sur
une autre référence : Stonehenge.
La nuit du 11 au 12 décembre 1602 du
calendrier julien,
la nuit la plus noire de décembre,
celle du
solstice d'hiver,
est la date que les troupes catholiques choisirent
pour
leur tentative de "reprendre" Genève.
La chanson populaire "Cé qu'è
lainô"
remémore l'évènement:
I son vegnu le doze de
dessanbro,
Pè onna nai asse naire que d'ancro;
Y étivé l'an mil si san et
dou,
Qu'i veniron parla ou pou troi tou.
La date de l'Escalade,
la
célébration de l'héroïque résistance de
la Cité de Calvin,
est resté fixée au 12
décembre...
On aurait pu
imaginer J.J.
SCALIGER convaincre
Théodore de Bèze, le successeur de
Jean CALVIN,
d'avaliser le 12 décembre comme date de Noël,
mais ce ne fut
pas le cas....
Notons encore qu'en 2006, c'est le 8 Décembre du calendrier
julien
qu'il faudrait célébrer le Nouveau Soleil.
Selon PLINE, dans son
Histoire Naturelle XVIII, c'est en -45,
que l'empereur Jules CESAR fixa
les équinoxes et les solstices le
8 avant les
calendes
d'avril, de juin, d'octobre et de janvier ,
soit aux
25 mars, 24 juin, 24 septembre et 25 décembre.
(à cette époque le solstice
d'hiver avait lieu le 23 décembre).
L’instauration de la fête du Natalis
Solis Invicti
fut établie, elle, le 25.12.274 par
l’empereur AURELIEN (270 à 275),
après sa victoire sur ZENOBIE, la reine du
Palmyre.
AURELIEN et son
dieu soleil RESTITVTOR ORIENTIS
Tradition
oblige,
cette date du 25 décembre fût conservée.
D'ailleurs, elle ne tarda
pas à être récupérée par les chrétiens
en quête de légitimation du mythe de
la naissance de leur Seigneur.
L'empereur CONSTANTIN (307 à
337), Christos (oint), fils du Soleil,
inventeur visionnaire du
Christianisme comme Religion d'état,
fit célébrer son anniversaire le
25.12.335.
http://www.hereses.com/explication_de_noel_etc.htm#chrestus
315 Pavie
(Ticinum) /
317 Thessalonique
/ 333
Constantinople
Le
chrisme qui apparaît en 315 sur le casque de l'empereur
provocativement "de 3/4" trahit, peut-être, une contrefaçon
tardive,
car le sigle c-r
ne réapparaîtra pas avant 336, voire plus tard.
Probablement faut-il attribuer à MAGNENCE, la frappe à Lyon,
en 353, pour contrer l'influence arianiste de
CONSTANCE,
de la première monnaie orthodoxe portant le chrisme.
CONSTANTIN-CHRISTOS aurait pu profiter de l'opportunité
du Concile
de Nicée, qu'il avait convoqué,
pour dissocier la
fête du Natalis Solis Invicti
de
l'évènement astral
et faire
avaliser la date du 21 décembre pour le solstice d'hiver
Avérée,
cette correction calendaire aurait été remarquable...
mais un sérieux doute
provient du fait que c'est
la Bulle papale de
1581 "Inter gravissimas"
de GREGOIRE XIII, qui clame:
"Quo igitur vernum
æquinoctium, quod a patribus concilii Nicæni
ad XII Kalendas Aprilis fuit
constitutum, ad eamdem sedem restituatur"
Afin donc que l'équinoxe
vernal, qui a été fixé par les pères du Concile de Nicée
au 12 avant les
calendes d'avril,
soit replacé à cette date, ...
Naturellement,
aucun document original du Concile de Nicée ne nous est parvenu
pour
corroborer la Bulle papale....mais,
une telle Bulle gravissime ne peut
être qu'infaillible.....
6.
Chronologie
Le premier à se servir
de l'échelle de temps linéaire
permettant d'ordonner de manière causale
les évènements "historiques", fut son inventeur,
J.J. SCALIGER.
Devant l'ampleur de la tâche, il n'eut pas d'autre choix
que de
mettre à profit la vaste culture rabelaisienne
que son père lui avait
inculquée dans son adolescence.
Ce qui, bien sûr, n'est pas une garantie
d'authenticité.
Puis intervint un obscur représentant du camp anti-réforme,
le jésuite Dionysius PETAU (1583 à 1652)
(le modèle pour le clônage de Dionysius Exiguus ?)
Avec l'aide compétente
de Johannes KEPLER (1571 à 1630),
lui et ses successeurs truffèrent
d'éclipses les Annales en route vers l'imprimerie.
En effet, quelle meilleure
preuve scientifique d'authenticité,
qu'un décès ou une victoire
concomittante à une éclipse de soleil ?
Le premier à émettre des
doutes sur cette chronologie balbutiante
fut Sir Isaac NEWTON, en 1728,
dans
"The Chronology of Ancient Kingdoms Amended".
Le dernier en
date, Zoltan HUNNIVARI,
dans son e-book "Hungarian Calendar",
suspecte de nombreuses annales d'être apocryphes.
Il se fait l'avocat
d'une erreur de 2 siècles qui
ramène la mort de Jules César à
+154.
Où en sommes-nous ?
Les éclipses de soleil décrites dans les Annales
restent
la meilleure preuve de l'ordre chronologique,
à condition que
l'authenticité des Annales puisse être démontrée !!
Cette condition n'est que
rarement satisfaite.
Vu la fréquence des incendies,
la plupart des
Annales antérieures à l'imprimerie
ont été détruites, et seules des copies
tardives existent.
Très pessimistes, nous considérons que la tentation
d'élaborer
des versions "améliorées", voire carrément apocryphes
des
textes anciens a dû être irrésistible....
Le
Codices Electronici Sangallenses
915
livre cependant une exception qui mérite
l'attention.

Il s'agit, à notre avis, du plus
ancien évènement,
daté en termes de l'ère commune,
mentionnant d'une
part un décès, celui d'un empereur, Louis,
et d'autre part une éclipse de
soleil, celle du 5.05.840.
Il s'agit de l'éclipse SAROS 90/55 qui fut totale
à Saint-Gall ( E9.37
/N47.42).

L'année est donnée explicitement:
ω.xl,
où l'abréviation ω
est utilisée pour 800.
Le jour
de Mai est indiqué comme le 3ème avant les
Nones,
qui, d'après http://www.louisg.net/C_julien.htm
est le 5 Mai.
L'heure indiquée est entre la
8ème
et la 9ème heure (du jour).
Pour St Gall, le
lever du soleil le 5.05.840 était à
03:17 UT.
Il
faut y ajouter entre 8 et 9 heures, par ex: 8h30, ce qui donne 12:47
UT
L'heure rétrodite de l'éclipse (click) est, elle: 12:37 UT....
La date du décès de
l'empereur
Louis I, dit le Pieux ou le Débonnaire, né le
16.04.778,
est généralement donné comme
20.06.840,
mais, malheureusement rien ne nous confirme qu'il
s'agisse bien de ce Louis là.
L'an 840 est certes
postérieur à la première utilisation présumée
du mode de datation de
l'Anno Domini, mais de peu...
En outre, le facsimile révèle que la
calligraphie
couvrant la période comprise entre 775 et 900 (pages de 200 à
206)
reste sensiblement la même, puis change.
Par ailleurs,
il y
a interversion entre la venue de l'éclipse et le décès de l'empereur,
ce qui conduit à supposer que le scribe n'a pas vu
l'éclipse !
Peut-être n'était-il pas né ?
La précision de l'heure de
l'éclipse indiquerait cependant
qu'un témoin oculaire a laissé une note
écrite.
Mentionnons que cette
Annale
est corroborée
par la Chronique d'ANDRé de
Bergame
(Andreas Presbyter Bergomas, saec.
IX, Historia 620, 255
dont le fac-simile n'est, hélas, pas
disponible sur le web).
Indictione tertia
sic fuit sol
obscuratus in hoc mundo,
et stellas in celo apparebant,
3. Nonas
Magias,
ora nona,
in laetanias Domini,
quasi
media ora.
Facta est tribulatio magna.
Cumque hoc
populus intenderent, multi extimabant,
quod iam amplius hoc seculum non
staret;
sed dum haec angustia contemplarent, refulsit sol et
quasi
tremidus in antea umbraculam fugire cepit.
Ipsa vero nocte sequenti
prope matutino facta est lux quasi in die.
Haec signa in celo conperta,
doctores in suorum monitiones dixerunt:
Estote, fratres, parati; quia
adimpletum est quod in evangelio Dominus dixit:
cum haec signa
videritis, scitote, quia prope est die Domini magnus et manifestus?
Sequenti autem mense Iunio Hludowicus imperator
defunctus est,
suosque dies finivit in pace.
Cette Chronique, qui se trouve également à
St Gall,
utilise le mode de datation de CONSTANTIN.
Celui-ci, après sa
victoire sur MAXENTIUS, le 28.10.312,
institua une période
mnémotechnique de 15 années juliennes.
Il s'agit d'une période fiscale
ecclésiastique
connue sous le vocable d'indiction.
Ces périodes serviront
de système de datation
La date du 5.05.840 sera notée:
3ème
jour avant les nones de mai de la 3ème année de l'indiction
(sous entendu, de sa 35ème
période).
Cet ancien mode de notation de la
date plaide en faveur
d'une rédaction contemporaine aux évènements. Par
ailleurs, In laetinias Domini se réfère aux
lundi, mardi et
mercredi des Rogations, précédant l'Ascension,
or le 5.05.840 était un
mercredi.
L'ordre chronologique, éclipse suivie du décès de l'empereur, est
respecté.
Le détail des étoiles qui deviennent visibles lors de la totalité
de l'éclipse
conforte l'hypothèse du rapport d'un témoin oculaire.
Une
datation du radiocarbone de ces deux parchemins confirmerait leur authenticité.
Ils pourraient alors être considérés comme
les pierres de Rosette de la
chronologie,
permettant sans ambiguïté, la conversion du mode
de datation
ancien de l'indiction, au mode de l'ère
commune.
Le travail de décantage des
anciennes Annales
qui reste à faire est considérable.
W.Z. KRAWCEWICZ et al., en 2002, ont
initié leur
"Investigation of the Correctness of the Historical
Dating"
Depuis 1973, Anatoly Timofeevich FOMENKO et ses collaborateurs
ont
identifié des dizaines de dynasties polychrones.
Considèrons par
exemple la séquence des papes
entre le Concile de Nicée et l'invention de
l'Anno Domini.
La séquence, pour la période d'avant Nicée,
est, elle,
manifestement un clone de la première !
Le procédé utilisé,
qu’Anatoly FOMENKO a
mis au grand jour, est le
suivant:
lister la durée des
règnes, puis « copier/coller ».
Les noms peuvent être différents, certains de
pure fiction,
d'autres, de personnages légendaires,
pour d'autres, seul
le numéro d'ordre est altéré (p.ex. Félix I / Félix
II).
L’exercice est à la portée
de chacun,
consulter une liste des papes sur le web, par ex.:
http://www.echolalie.org/wiki/index.php?ListeDePapes
http://perso.orange.fr/famille.renard/histoire/sainte/liste_papes.htm
La copie de la séquence des durées des règnes de
l'antiquité tardive,
entre 314 et 532, est collée avant 314,
http://www.new-tradition.org/images/fig-4.jpg

et voilà l'épiscopat
romain
qui peut prétendre à une haute antiquité.......et faire oublier
que
l'institution est l'oeuvre d'un certain empereur CONSTANTIN
!
La date et l'auteur de ce clonage sont incertains.
Est-ce le
chronologiste DIONYSIUS Petau (1583 à 1652) ?
Ou son fantôme, DIONYSUS
Exiguus ?
Ou l'ombre de ce dernier, l'instigateur du premier scriptorum en
555,
Magnus-Aurelius CASSIODORIUS ?
dernière revision: 2008.06.12 21:23
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